À travers l’initiative « École Verte », l’ONG Initiatives Communautaires pour la Résilience et le Développement (ICRD) entend promouvoir des pratiques environnementales durables dans 12 écoles primaires des communes de Tchinta, Takanamatt et Tebaram, dans la région de Tahoua. Cette démarche vise à associer éducation, protection de l’environnement et résilience communautaire, en plaçant les élèves au cœur de l’action.
L’École Verte : apprendre autrement pour mieux préserver l’environnement
L’école est bien plus qu’un lieu de transmission des connaissances. Elle est également un espace de socialisation, de formation citoyenne et d’acquisition de comportements qui influencent durablement les relations entre les individus et leur environnement.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le concept d’École Verte, qui désigne un établissement scolaire intégrant la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles dans son cadre de vie, ses pratiques quotidiennes et ses activités éducatives.
Concrètement, une École Verte encourage la plantation et l’entretien des arbres, la création de jardins scolaires, la préservation des espaces verts, l’utilisation rationnelle de l’eau et la sensibilisation aux enjeux environnementaux. Elle permet aux élèves de passer de la connaissance à la pratique, en faisant de leur école un lieu où les gestes en faveur de l’environnement s’apprennent, s’expérimentent et se transmettent.
L’enjeu ne se limite donc pas à embellir la cour d’une école ou à planter quelques arbres. Il s’agit de développer chez les enfants une conscience environnementale, un sens des responsabilités et une capacité à contribuer, à leur échelle, à la préservation de leur cadre de vie.
Au Niger, l’école au cœur des enjeux environnementaux
La dégradation du couvert végétal, la pression sur les ressources naturelles et les effets des changements climatiques constituent des défis importants pour les communautés nigériennes. Ces phénomènes affectent les moyens de subsistance, fragilisent les écosystèmes et soulignent la nécessité de renforcer les initiatives locales de protection de l’environnement.
Dans ce contexte, l’école représente un levier essentiel. En familiarisant les enfants avec les principes de préservation des ressources naturelles dès le plus jeune âge, elle contribue à faire émerger des habitudes responsables susceptibles de se prolonger au sein des familles et des communautés.
L’initiative « École Verte » s’inscrit ainsi dans une vision où l’éducation ne se limite pas aux apprentissages fondamentaux, mais participe également à la préparation des générations futures aux défis environnementaux et sociaux.

Une initiative dans 12 écoles primaires de la région de Tahoua
Dans le cadre du projet d’Appui à la continuité éducative pour les enfants scolarisés dans les localités confrontées aux défis sécuritaires au Niger, l’ONG ICRD prévoit la mise en œuvre de l’initiative « École Verte » dans 12 écoles primaires des communes de Tchinta, Takanamatt et Tebaram.
Cette intervention s’inscrit dans les efforts visant à améliorer l’environnement scolaire, à renforcer la résilience communautaire et à promouvoir la protection de l’environnement.
L’approche envisagée repose sur plusieurs actions complémentaires :
- Le diagnostic environnemental des écoles, afin d’identifier les ressources disponibles, les besoins en eau, les possibilités d’arrosage, les espaces adaptés aux plantations et les dispositifs de protection nécessaires.
- Le renforcement des capacités des acteurs scolaires et communautaires, notamment sur les techniques de plantation et d’entretien, le choix d’espèces adaptées, la gestion rationnelle de l’eau et les principes de l’École Verte.
- La création ou la réhabilitation de jardins scolaires et d’espaces verts, en fonction des caractéristiques et des possibilités de chaque établissement.
- La participation active des élèves, sous la supervision des enseignants et des adultes responsables, aux activités de plantation, d’entretien et de protection des espaces aménagés.
- Le suivi et l’entretien des réalisations, afin de favoriser la survie des plants, de prévenir les dégradations et de consolider les acquis dans la durée.
Cette démarche participative vise à faire de la protection de l’environnement une responsabilité partagée entre les élèves, les enseignants, les responsables d’établissements, les Comités de gestion décentralisée des établissements scolaires (CGDES) et les services techniques compétents.
Des élèves acteurs de la transition environnementale
La durabilité d’une École Verte dépend autant des aménagements réalisés que de l’implication de celles et ceux qui les utilisent au quotidien.
Les élèves occupent donc une place centrale dans cette initiative. En participant aux activités pratiques, ils peuvent mieux comprendre les besoins des plantes, l’importance de l’eau, les conséquences de la dégradation des sols et la nécessité de protéger les ressources naturelles.
Cette expérience favorise l’apprentissage par la pratique et encourage l’adoption de gestes simples : entretenir un arbre, éviter de détériorer les espaces verts, économiser l’eau ou sensibiliser ses camarades à la propreté de l’environnement scolaire.
Les enseignants, les CGDES, les responsables des établissements et les services techniques contribuent, pour leur part, à encadrer les activités, à organiser l’entretien et à favoriser la continuité des actions après les premières réalisations.
L’ambition est ainsi de dépasser la logique d’une intervention ponctuelle pour installer progressivement une culture de responsabilité environnementale au sein des écoles concernées.

Éducation, environnement et résilience : une même ambition pour l’avenir
La mise en œuvre de l’initiative « École Verte » est portée par ICRD dans le cadre du projet d’Appui à la continuité éducative pour les enfants scolarisés dans les localités confrontées aux défis sécuritaires au Niger, financé par le mécanisme First Emergency Response (FER) de l’initiative Education Cannot Wait (ECW).
Ce projet est mis en œuvre sous le leadership de Save the Children Niger, en consortium avec les organisations nationales FAD, JAAD, MOUGANILAB et ICRD, dans les régions de Tillabéri et de Tahoua.
À travers cette initiative, ICRD entend contribuer à l’amélioration du cadre scolaire tout en renforçant les capacités des acteurs locaux à promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement.
Au-delà des plantations et des jardins scolaires, l’enjeu est de faire émerger des espaces éducatifs où les enfants apprennent à comprendre leur environnement, à agir pour sa préservation et à mesurer leur propre capacité à produire un changement positif.
Car une École Verte ne se mesure pas uniquement au nombre d’arbres plantés, mais aussi aux habitudes que l’on transmet, aux responsabilités que l’on cultive et aux générations que l’on prépare à protéger leur environnement.
ICRD — Éducation, Paix, Développement.

